À Ossernenon, des chrétiens méconnus… .. Ignored Christians in Ossernenon…

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Tout d’abord, situons Ossernenon qui se nomme aujourd’hui Auriesville. On retrouve ce petit hameau dans le district de Glen dans le comté de Montgomery (État de New York). On y a érigé un sanctuaire (Our Lady of Martyrs) dédié aux martyrs canadiens de la Nouvelle-France.

Mais que s’est-il passé exactement à Ossernenon?

À Ossernenon, le chef huron Eustache Ahatsistari, habitant de la mission St-Joseph (Huronie) fut fait prisonnier lorsqu’il accompagnait les missionnaires (Isaac Jogues et René Goupil) et autres Hurons rentrant au pays. Baptisé le Samedi Saint 1642, ce nouveau croyant meurt en août de la même année sous les tortures iroquoises. Au milieu des flammes, Eustache demande que sa mort ne cause pas préjudice aux nombreux efforts en vue d’établir la paix avec le peuple iroquois. Renoncer à la vengeance s’oppose à toutes les coutumes guerrières en vigueur à cette époque, et constitue un véritable signe d’authenticité chez les Amérindiens convertis.

À Ossernenon, René Goupil, jeune chirurgien venu collaborer aux missions jésuites, fut fait prisonnier et gardé comme esclave. René recevra un coup de hache mortel alors qu’il traçait le signe de la croix sur un enfant, le 29 septembre 1642. Il venait tout juste de s’engager dans la Compagnie de Jésus.

 À Ossernenon, le jésuite Isaac Jogues surnommé «Ondessonk» par les Hurons à cause de son zèle, sera capturé à 2 reprises. Grâce à son intervention, un traité de paix fut signé avec les Agniers avant sa 2e capture. Mais on l’accusa par la suite d’être la cause de mauvaises récoltes, ce qui lui valut d’être martyrisé le 18 octobre 1646.

À Ossernenon, lors de la même expédition qu’Isaac Joques, René Goupil et Eustache Ahatsistari, une jeune Huronne chrétienne nommée Thérèse Oionhaton est mise en captivité pour le reste de ses jours. Elle est de la famille de Joseph Chiwatenhwa, (son père, selon l’historien Du Creux) qui est le premier pilier de l’Église huronne évangélisée par Jean de Brébeuf (voir Joseph Chiwatenhwa). Répondant au désir de Chiwatenhwa, elle passa deux années chez les Ursulines de Québec avec Marie de l’Incarnation. Déjà à Québec, elle a conduit à la foi plusieurs Hurons de sa tribu. Son témoignage est relaté et conservé dans les documents originaux de la Nouvelle-France. À cause de son jeune âge, Thérèse a été intégrée à la tribu. Tous lesefforts du gouverneur et des Ursulines pour obtenir sa libération furent vains. Les missionnaires la retrouveront plus tard (1655) en visitant les tribus. Chrétienne persévérante, elle demeure fidèle aux prières qu’on lui avait enseignées. Les Agniers l’ont donnée en mariage à un IroquoisElle vit un peu en retrait élevant ses enfants dans la paix. Était-elle l’épouse du célèbre Garakonthié (1653 jeune adulte – 1678) …comme le prétend un ouvrage sur la Nouvelle-France?  Cela expliquerait une partie de la détermination de ce chef qui demandera à recevoir le baptême. Il sera baptisé officiellement à la cathédrale Notre-Dame de Québec par Mgr de Laval. Son adresse et ses efforts ont contribué largement à établir la paix et à protéger les Français. Quelle est l’influence de cette jeune Amérindienne chrétienne au sein de sa tribu? 

À Ossernenon, le collaborateur d’Isaac Jogues, Jean de La Lande donna lui même sa vie le 19 octobre 1646 aux côtés du missionnaire. Il n’ignorait pas ce qui pouvait arriver en s’engageant dans la mission, choisissant malgré tout d’y participer.

Je m’arrête ici mais je pourrais vous en décrire encore

À la lumière des événements racontés, il est facile d’observer que les missionnaires que l’on retrouve à Ossernenon sont bien connus et honorés. Nous sommes familiers avec les noms de Brébeuf, René Goupil, Isaac Jogues ou même Jean de La Lande. En comparaison, les témoignages vibrants de certains Amérindiens et Amérindiennes comme celui d’Eustache Ahatsistari, de Thérèse Oionhaton, de Joseph Chiwatenhwa et de Garakonthié sont méconnus. 

Pour souligner l’implication et la ferveur de ces autochtones, pourquoi n’y aurait-il pas une fête, une sorte de «toussaint» pour rendre hommage à ces femmes et ces hommes qui, avec les missionnaires, ont sacrifié leur vie pour œuvrer à l’évangélisation de ce pays?

Catherine Jean

Article provenant du site Tendances et Enjeu, publié le 18 octobre 2012, et adapté pour la présente publication.

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First, let us locate Ossernenon, which is called Auriesville today. This small hamlet is located in Glen in the Montgomery County (New York State). A shrine was erected there (Our Lady of Martyrs) dedicated to Canadian martyrs of New France.

But what exactly happened in Ossernenon?

In Ossernenon, Huron chief Eustache Ahatsistari, a resident of the St. Joseph mission (Huronia), was taken prisoner while escorting missionaries (Isaac Jogues and René Goupil) and other Hurons returning home. Baptized on Holy Saturday 1642, this new believer died in August of the same year, under Iroquois' torture. In the midst of the flames, Eustace made a request begging that his death does not cause harm to the many efforts to establish peace with the Iroquois people. Renouncing the temptation of revenge is not a usual war custom in force at that time, and shows an authentic sign of conversion for an Indian.

In Ossernenon, René Goupil, a young surgeon who had come to collaborate in Jesuit missions, was made prisoner and kept as a slave. René will receive a deadly axe as he traced the sign of the cross on a child, on September 29, 1642. He had just recently engaged himself as a Jesuit.

 In Ossernenon, the Jesuit Isaac Jogues nicknamed "Ondessonk" by the Hurons because of his zeal, will be captured twice. Thanks to his timely and courageous action, that led the way to a peace treaty that was signed with the Agniers before his 2e capture. But he was accused subsequently of being the cause of poor harvests, which led to his martyre on October 18, 1646.

In Ossernenon, on the same expedition as Isaac Joques, René Goupil and Eustache Ahatsistari, a young Christian Huron named Thérèse Oionhaton was brought into captivity for the rest of her days. She is a relative of Joseph Chiwatenhwa, (her father, according to historian Du Creux) who was the first pillar of the Huron Church evangelized by Jean de Brébeuf (see Joseph Chiwatenhwa). Fulfilling the desire of Chiwatenhwa, she spent two years with the Ursuline sisters of Quebec and with Marie of the Incarnation. Previously in Quebec city, she has led to faith several Hurons of her tribe. Her testimony is narrated and preserved in the original documents of New France. Because of her young age, Thérèse was integrated into the tribe. All joint efforts of the governor and the Ursulines for her release were unsuccessful. The missionaries finally found her at a later date (1655) during a tribe visit. Tenacious believer, she remained faithful to prayers she had been taught. The Mohawks have given her in marriage to an Iroquois. She lived a little isolated, raising her children in peace. Was she the wife of the famous Garakonthié (1653 young adult - 1678… as claimed by a history book on New France?  That would explain the commitment of this leader who asked to be baptized. He will be officially baptized at the Cathedral of Our Lady of Quebec by Bishop Laval. His skills and efforts have largely contributed to establish peace and protect the French people. What is the impact of this young Christian Amerindian for her tribe? 

In Ossernenon, the collaborator of Isaac Jogues, Jean of the Lande gave his life on October 19, 1646, alongside the missionary. He knew what could happen by involving in the mission, choosing nevertheless to participate.

I stop here but I could go on, over and over again…

In light of narrated events, it is easy to observe that the missionaries, found in Ossernenon, are well known and honored. We are familiar with the names of Brebeuf, René Goupil, Isaac Jogues or even Jean de Lalande. In comparison, vibrant testimonies of some Amerindians like Eustace Ahatsistari, Therese Oionhaton, Joseph Chiwatenhwa and Garakonthié are ignored. 

To emphasize the involvement and enthusiasm of these indigenous, why should there not be a feast, a sort of "All Saints" to pay tribute to these women and men, with the missionaries, who gave their lives to bring the Gospel to this country?

Catherine Jean

Article from the website Tendances et Enjeu (Trends and Issue), published on October 18, 2012, and adapted for this publication.

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