L'Avent : Jour 14

Le soleil s’est couché, le ciel rougeoyant encore. Les ténèbres envahissent les rues de Nazareth qu’on ne discerne plus qu’à peine. Alors Iossef s’assit sous un olivier. Toujours aux aguets d’un signe, d’une réponse. Réfléchissant.

Mariam est enceinte avant qu’ils aient habité ensemble, soit. Selon la loi, il doit la répudier puisqu’il ne l’a pas connue. Mais s’il la répudie, l’enfant qu’elle porte sera certainement invoqué contre elle comme preuve incontestable d’adultère. À Nazareth, comme partout en Israël, on sait si bien manipuler la Loi sous le couvert d’un procès. On ira probablement jusqu’à le prendre à témoin, lui, « le juste », pour mieux l’accabler, elle, « la coupable » !

Un feu brûle en lui à cette pensée, un zèle jaloux. Quand il évoque sa fiancée, il ne lui vient que les mots du Chant des chants : « Comme un lis entre les épines, telle est ma compagne. Elle est toute belle, et de défaut, il n’en est pas en elle ». Qui serait en droit de lui lancer ne serait-ce qu’une seule pierre ? Comment oser même la soupçonner!

Que sa fiancée soit enceinte, cela le dépasse, mais pourquoi douterait-il, tout en elle n’est que fraîcheur. Et puis, IHVH-Adonaï a déjà fait tant de merveilles ! Sara, l’épouse d’Abrahâm, Rivqa, l’épouse d’Itsaq, et Rahél, l’épouse de Ia‘acob, ont toutes enfanté dans des circonstances extraordinaires. Elles ne sont pas les seules. Même Élishéba, l’épouse de Zekariah, cette cousine que Mariam veut aller visiter au plus tôt, ne l’appelait-on pas « la stérile »?

    - C’est toi, IHVH-Adonaï, qui, au commencement, a fécondé la terre. C’est toi encore qui es à l’origine de la postérité de la maison de David. Il n’est pas en mon pouvoir de pénétrer tes desseins, mais n’est-ce pas à moi de veiller sur Mariam, la fille de David, et sur l’enfant que tu lui as donné?

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