Fatima au coeur du monde..Fatima at the heart of the world

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«Celui qui penserait que la mission prophétique de Fatima est achevée se tromperait.»

On connaît l’attachement de Jean-Paul II à Fatima, lui qui a survécu à une tentative d’assassinat le 13 mai 1981, jour de la fête de Notre-Dame de Fatima. Cette affirmation n’est pourtant pas de lui mais de Benoît XVI. Elle provient de son homélie du 13 mai 2010… à Fatima.

Le 13 mai 2013, deux mois après son élection, c’est au tour de François de marquer son intime confiance en Notre-Dame de Fatima en lui consacrant officiellement son ministère. Le 13 octobre suivant, il a accueilli à Rome la statue originale de Fatima et, dans un geste public, il a placé le monde sous la protection de la «Vierge de Fatima».

Les apparitions de Marie à Fatima ont eu lieu en 1917, le 13 de chaque mois, du 13 mai au 13 octobre (sauf le 19 août). Qu’ont-elles de «prophétiques» encore aujourd’hui pour que les trois papes les plus récents ramènent cet événement dans notre actualité?

Les visites de Marie à Fatima ont atteint leur point culminant le 13 octobre, Marie ayant annoncé qu’elle dirait alors son nom et ce qu’elle désire, qu’elle ferait un grand miracle pour que tout le monde puisse croire et - c’est ce qui nous intéresse ici - qu’elle reviendrait avec Joseph et l’Enfant-Jésus. Lorsqu’on parle de Fatima, on entend rarement parler de cette visite de Joseph et Jésus, en dehors d’une mention succincte. Son sens échappe à nos considérations et ainsi on l’oublie: c’est ce que j’appelle le secret du 13 octobre.

L'année dernière, la date anniversaire du 13 octobre se pointait en plein coeur du Synode des évêques sur la famille à Rome (du 4 au 25 octobre 2015). Lors de sa visite au Congrès des États-Unis, le 24 septembre 2015, François a dit: «Je ne peux cacher ma préoccupation pour la famille, qui est menacée, peut-être comme jamais auparavant, de l’intérieur comme de l’extérieur. Les relations fondamentales sont en train d’être remises en cause, comme l’est la base même du mariage et de la famille.»

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“HE WHO THINKS THAT FATIMA’S PROPHETIC MISSION IS COMPLETE IS MISTAKEN.”

We know of John Paul II’s attachment to Fatima, he who survived attempted murder on May 13, 1981, day of the feast of Our Lady of Fatima. However, this statement is not by him but by Benedict XVI. It comes from his homely given on May 13, 2010… in Fatima.

May 13, 2013, two months after his election, it is Francis’ turn to demonstrate his intimate trust in Our Lady of Fatima by officially dedicating to her his ministry as Peter’s successor. The following year on October 13, he welcomed the original statue of Fatima in Rome and, in a public ceremony, entrusted the world to the Virgin of Fatima’s protection.

The apparitions of Mary in Fatima occurred in 1917 on the 13th of every month, from May 13 to October 13 (except August 19). What is still so “prophetic” about them today that compels the three most recent popes to bring this event in to our attention?

Mary’s visits to Fatima reached their peak on October 13, when Mary announced that she would reveal her name and what she desired, and that she would perform a great miracle so all may believe, and – this is what interests us – that she would come back with Joseph and the Child Jesus. Aside from a brief note, we seldom mention that Joseph and Jesus were part of the apparition in Fatima. Our incomprehension of it’s meaning leads us to forget: this is what I call the secret of October 13.

Last year, the anniversary of October 13 was right in the middle of the Synod of Bishops on the Family in Rome (October 4 -25, 2015). During his visit to the Congress of the United States, on September 24, 2015, Francis said: “I cannot hide my concern for the family, which is threatened, perhaps as never before, from within and without. Fundamental relationships are being called into question, as is the very basis of marriage and the family.”

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....Tableau de Martin Bisson, évoquant la foule se rendant à Bethléem pour le recensement, tout comme Marie et Joseph. Symbole de la famille des peuples. .. Illustration from Martin Bisson, evoking the crowd on its way to Bethlehem for the census, as were Mary and Joseph.  Symbol of the family of peoples . ....

....Tableau de Martin Bisson, évoquant la foule se rendant à Bethléem pour le recensement, tout comme Marie et Joseph. Symbole de la famille des peuples. ..Illustration from Martin Bisson, evoking the crowd on its way to Bethlehem for the census, as were Mary and Joseph.  Symbol of the family of peoples. ....

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Il y a davantage encore: c’est toute la famille des peuples qui est présentement soumise à des divisions préoccupantes. François parle de «guerre mondiale par morceaux», tellement les tensions et les conflits se multiplient sur la planète.

Il y a 600 ans, dans une autre période troublée de l’histoire, marquée par des confrontations dans l’Église et dans le monde, le chancelier de l’Université de Paris, Jean Gerson, prononçait un discours (4 septembre 1413) devant le roi de France et plusieurs grands princes. Quelle solution «politique» proposait-il face à des pouvoirs divisés? «Nous devons honorer le mariage virginal de Marie et Joseph, nous qui cherchons la paix et l’union». Le chancelier suggérait d’instituer concrètement une fête pour célébrer ce mariage.

Pour Jean Gerson, le remède à toutes les divisions s’élabore dans la parfaite union de cette femme et de cet homme, Marie et Joseph, dont le fruit est Jésus, «le prince (principe) de la paix». Gerson n’est pas le seul à avoir pensé ainsi. Le 15 août 1889, Léon XIII écrivait dans son encyclique «Quamquam pluries»: «Nous jugeons très utile que le peuple chrétien s'habitue à invoquer avec une grande piété et une grande confiance, en même temps que la Vierge, Mère de Dieu, son très chaste Époux, le bienheureux Joseph.» En conséquence, Léon XIII demandait que, tout le mois d’octobre, mois de prière à Marie par le rosaire, on ajoute désormais une prière à Joseph.

La présence de Joseph à Fatima le 13 octobre 1917 n’est donc pas fortuite. Le mois d’octobre n’est pas seulement le mois où l’on est invité à prier Marie mais le mois où l’on prie Marie et Joseph aux intentions du monde. L’union fait la force, dit-on. 

L’union de Marie et Joseph est d’une qualité exceptionnelle, fondatrice, non seulement pour les couples et la famille, mais pour tout ce qui concerne la vie humaine et son gouvernement, la vocation humaine dans sa totalité. La complémentarité du rapport entre les hommes et les femmes est féconde au-delà de la question de la famille, dans tous les domaines. Elle a une répercussion sur les civilisations même.

Et c’est là qu’un autre élément oublié me revient à l’esprit : en 1917, Marie a choisi de se manifester à « Fatima ». Fatima est le nom de la fille du prophète de l’Islam. Comment ne pas reconnaître que le 3e millénaire est déjà marqué par un affrontement de civilisations qui, chacune pour elle-même, véhiculent des manières défectueuses de considérer le rapport entre les hommes et les femmes.

Le remède à ce mal de notre temps ne peut s’arrêter à la seule promotion de la femme, car cela impliquerait que la promotion de l’homme est adéquate. Les deux sont interreliées. C’est pourquoi la présence de Joseph à Fatima m’apparaît doublement prophétique.

Francine Dupras

Note: ce texte avait déjà été présenté lors de l'inauguration de l'Ermitage du 13 octobre et nous avons décidé de le republier car nous trouvons que les réflexions qu'il contient sont encore d'actualité.

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And there is more: it is the family of peoples, which is presently subject to preoccupying divisions. Francis speaks of a “world war in pieces”, as tensions and conflicts multiply around the world.

Six hundred years ago, in another troubled period of history, characterized by confrontations amidst the Church and in the world, the chancellor of the University of Paris, Jean Gerson, pronounced a speech (September 4, 1413) in front of the king of France and many great princes. What “political” solution did he propose while facing divided powers? “We must honour the virginal union of Mary and Joseph, as we search for peace and unity”. The chancellor suggested instituting a feast in honour of this marriage.

For Jean Gerson, the remedy to all divisions is elaborated in the perfect union of this woman and man, Mary and Joseph, of whom the fruit is Jesus, the “prince (principle) of peace”.  Gerson is not alone in thinking so. On August 15, 1889, Leo XIII wrote in his encyclical “Quamquam pluries”: “We judge it of deep utility for the Christian people, continually to invoke with great piety and trust, together with the Virgin-Mother of God, her chaste Spouse, the Blessed Joseph.” Therefore, Leo XIII asked that during all of October, the month when we pray to Mary with the rosary, a prayer to Joseph be added.

The presence of Joseph in Fatima on October 13, 1917 is not accidental. The month of October is not only the month when we are invited to pray to Mary, but it is also the month where we pray to Mary and Joseph for the world. As the saying goes: Union creates strength.

The union of Mary and Joseph is of an exceptional quality, a founding quality, not only for couples and families but for all that relates to human life and its government, the human vocation in its entirety. The complementary relationship between men and women is fruitful beyond the realms of the family; it is fruitful in all areas. Having even a repercussion on civilizations.

And this is where another forgotten element comes to mind: in 1917, Mary chose to appear in “Fatima”. Fatima is the name the daughter of one of Islam’s prophets. How can we not admit that the third millennium is already impacted by a conflict between civilizations that, each in its own way, portrays defective ways in which the relationship between man and women are considered.

The remedy to this modern evil cannot limit itself to the promotion of women, for it would imply that the promotion of man is adequate. The two are interrelated. That is why the presence of Joseph in Fatima appears to me as being doubly prophetic.

Francine Dupras

Note: this text was published previously when the Hermitage of October 13th was inaugurated and we decided to publish the article again because we consider that the reflections it contains are still relevant today.

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Francine Dupras