En forme de croix..In the shape of a cross

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Si l’on considère providentiel le fait que l’Évènement du 13 octobre 1917 à Fatima soit survenu un jour de Shabat, on doit pouvoir rendre compte de la texture de judaïté qui s’y trouve inscrite.

En ce sens, il faut accorder à cette bénédiction « à la manière de Iôçeph » une profondeur exégétique plongeant ses racines jusque dans le premier récit biblique de création (voir L’importance du jour) et se développant tout au cours de l’histoire du Peuple de l’Alliance.

Il faut en outre assumer que cette bénédiction comporte la particularité suivante:

Saint Joseph et l'Enfant Jésus semblaient bénir le monde avec des gestes qu'ils faisaient de la main, en forme de croix (1).

Croix décorée en l'honneur de la mort et de la résurrection de notre Seigneur, lors de l'atelier du Carême 2015:  cliquez pour voir la vidéo.  

Croix décorée en l'honneur de la mort et de la résurrection de notre Seigneur, lors de l'atelier du Carême 2015: cliquez pour voir la vidéo. 

De cette bénédiction « en forme de croix », certains diront qu’elle n’est « pas juive » mais « proprement » chrétienne. Pourtant, il existe un principe en exégèse chrétienne voulant que l’Ancien et le Nouveau Testaments soient inséparables; l’un éclaire l’autre, et vice versa, les deux Testaments sont complémentaires.

En m’appuyant sur ce principe, je me suis dit qu’on pourrait poser comme hypothèse que cette bénédiction, dont le fait d’être cruciforme sert à définir une manière de bénir, en l’occurrence celle de Iôçeph/Joseph et de son fils Iéshoua/Jésus à Fatima, est « proprement » biblique. En effet, depuis Abraham, une manière de bénir s’est sans doute transmise, de génération en génération, jusqu’à Iôçeph et, par Iôçeph, à Iéshoua, ce que la vision multiforme semble indiquer.

Selon Matthieu, la généalogie de Iôçeph, fils de David, débute effectivement avec Abraham, qui en est le patriarche. Sous l’angle qui nous intéresse ici, il est à propos de découvrir le contexte dans lequel s’inscrit la bénédiction propre au père du peuple hébreu:

[…] Dieu mit Abraham à l'épreuve, et lui dit: Abraham! Et il répondit: Me voici! Dieu dit: Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac; va-t'en au pays de Morija, et là offre-le en holocauste sur l'une des montagnes que je te dirai. (Genèse 22:1-2)

La bénédiction d’Abraham et de sa postérité est conséquente au résultat de cette mise à l’épreuve, ce geste de foi totale en Dieu/Élôhïm, fruit de l’obéissance d’Abraham:

L'ange de l'Éternel appela une seconde fois Abraham des cieux, et dit: « Je le jure par moi-même, parole de l'Éternel! parce que tu as fait cela, et que tu n'as pas refusé ton fils, ton unique, je te bénirai et je multiplierai ta postérité, comme les étoiles du ciel et comme le sable qui est sur le bord de la mer; et ta postérité possédera la porte de ses ennemis. Toutes les nations de la terre seront bénies en ta postérité, parce que tu as obéi à ma voix. (Genèse 22:15-18)

Ce qu’on appelle « le sacrifice d’Abraham » est l’acte fondateur de l’histoire du Peuple de Dieu. C’est comme si son fils Isaac, en étant épargné, la réinitialisait: le fils promis à Abraham et Sara sous le chêne de Mambré devient ainsi le fils que « Dieu sauve », signification que revêt le nom « Iéshoua », Jésus en hébreu.

Cet acte fondateur instaure et manifeste la voie par laquelle la Rédemption elle-même va s’opérer: l’offrande du « Fils » par le « Père ». On peut ainsi comprendre cette parole de Iéshoua comme référant implicitement au geste d’Abraham:

Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle. (Jean 3:16)

Parole que l’apôtre Paul réitère en ses mots:

Lui, qui n'a point épargné son propre Fils, mais qui l'a livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi toutes choses avec lui? (Romains 8:32)

Iéshoua n’est pas venu abolir l’Ancienne Alliance mais l’accomplir en l’établissant pour toujours et en étendant le Salut de manière universelle selon le désir du Père, c’est-à-dire « pour quiconque », « pour nous tous » qui croyons en lui. Car il nous faut le répéter, pour que cette réalité nous pénètre au plus profond, laissant descendre chaque mot: « Dieu… a tellement… aimé… le monde… qu’il a donné son Fils… unique. »

Dans la Rédemption, il y a le don total d’amour du Père.

Et il y a le don total d’amour du Fils.

Isaac, comme Iéshoua, ne s’est pas rebellé. Il a obéi, s’étendant sur le bois de l’holocauste, comme s’il avait dit à son père Abraham: « Que ta volonté soit faite et non la mienne ». À la manière de son père, il s’est soumis, au sens plénier du terme, à la volonté de l’Éternel. Il a adhéré librement, en toute confiance, au projet de son père, ce que fera Iéshoua. En ce sens, ni Isaac ni Iéshoua ne sont des « victimes » sacrificielles au sens propre. Iéshoua dira:

Le Père m'aime, parce que je donne ma vie, afin de la reprendre. Personne ne me l'ôte, mais je la donne de moi-même; j'ai le pouvoir de la donner, et j'ai le pouvoir de la reprendre: tel est l'ordre que j'ai reçu de mon Père.  (Jean 10:17-18)

Comme à partir d’Isaac s’est transmise la bénédiction d’Abraham à toute sa postérité, en passant par Jacob/Israël et David jusqu’à Iôçeph, c’est à partir de Iéshoua que va s’étendre la bénédiction du Salut à toutes les nations ainsi incorporées dans le Fils unique, Christ-Rédempteur « par sa croix ».

Cette croix a été prophétisée à Mariam/Marie et Iôçeph par Siméon, lors de la présentation de Iéshoua au Temple.

Son père et sa mère étaient dans l'admiration des choses qu'on disait de lui. Siméon les bénit, et dit à Marie, sa mère: « Voici, cet enfant est destiné à amener la chute et le relèvement de plusieurs en Israël, et à devenir un signe qui provoquera la contradiction, et à toi-même une épée te transpercera l'âme, afin que les pensées de beaucoup de coeurs soient dévoilées. » (Luc 2:33-35)

Encore une fois, souffrance et bénédiction sont unies. Cette fois, c’est après avoir béni que Siméon annonce les douleurs à venir. Le fait qu’il ne mentionne que les souffrances de Iéshoua (signe de contradiction) et Mariam (épée de douleur) nous fait oublier celles de Iôçeph qui sont impliquées dans cette annonce.

Quel est le sacrifice de Iôçeph, sinon le même que celui d’Abraham mais amplifié: l’offrande du fils mais aussi de l’épouse, de même que l’offrande implicite de sa propre mort, puisqu’il n’est pas lui-même mentionné comme présent en ces temps de « contradiction » pour Iéshoua et de « transpercement » pour Mariam. Iôçeph n’a pas réagi comme Simon-Pierre lorsque Iéshoua a annoncé sa passion, il n’a pas dit: « Cela ne t’arrivera pas! » Jusqu’en sa mort, Iôçeph a porté librement les souffrances de la prophétie de Siméon, adhérant pleinement à la volonté de Dieu, le Père unique.

Mais à quelles fins, pour quelles bénédictions? Siméon le révèle: l’enfant nommé Iéshoua (« Dieu sauve ») est destiné à amener « le relèvement de plusieurs en Israël », ce peuple qui est celui de Iôçeph fils de David. Et Mariam, par sa douleur, fera que « les pensées de beaucoup de coeurs seront dévoilées », une intention qui ne peut manquer d’engager Iôçeph le Juste.

Bénédictions et souffrances… souffrances et bénédictions… La souffrance n’est pas nouvelle en Israël. Elle est déjà liée à la figure du Messie dans la prophétie d’Isaïe:

Qui a cru à ce qui nous était annoncé? Qui a reconnu le bras de l'Éternel? Il s'est élevé devant lui comme une faible plante, comme un rejeton qui sort d'une terre desséchée; il n'avait ni beauté, ni éclat pour attirer nos regards, et son aspect n'avait rien pour nous plaire. Méprisé et abandonné des hommes, homme de douleur et habitué à la souffrance, semblable à celui dont on détourne le visage, nous l'avons dédaigné, nous n'avons fait de lui aucun cas. (Isaïe 53:1-3)

Le Serviteur souffrant est cette figure à laquelle la postérité d’Israël se retrouvera elle-même configurée, pourrait-on dire, jusqu’en nos temps modernes, de l’Holocauste biblique à l’Holocauste historique de la « Shoah ».

À Fatima, en pleine guerre mondiale s’annoncent déjà les souffrances prochaines d’une Seconde Guerre, qui visera tout particulièrement le peuple de Iéshoua, qui est comme son corps et son sang.

Qui accusera les élus de Dieu? C'est Dieu qui justifie! Qui les condamnera? Christ est mort; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous! Qui nous séparera de l'amour de Christ? Sera-ce la tribulation, ou l'angoisse, ou la persécution, ou la faim, ou la nudité, ou le péril, ou l'épée? selon qu'il est écrit: « C’est à cause de toi qu'on nous met à mort tout le jour, qu'on nous regarde comme des brebis destinées à la boucherie. » (Romains 8:33-36)

Par la croix de Iéshoua, tout est racheté, sauvé, réconcilié, accomplissant ce qu’Isaïe avait aussi dit de la mission du Messie souffrant:

[…] ce sont nos souffrances qu'il a portées, c’est de nos douleurs qu'il s'est chargé; et nous l'avons considéré comme puni, frappé de Dieu, et humilié. Mais il était blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités; le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c'est par ses meurtrissures que nous sommes guéris.

Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait sa propre voie; et l'Éternel a fait retomber sur lui l'iniquité de nous tous. Il a été maltraité et opprimé, et il n'a point ouvert la bouche, semblable à un agneau qu'on mène à la boucherie, à une brebis muette devant ceux qui la tondent; il n'a point ouvert la bouche. Il a été enlevé par l'angoisse et le châtiment; et parmi ceux de sa génération, qui a cru qu'il était retranché de la terre des vivants et frappé pour les péchés de mon peuple? On a mis son sépulcre parmi les méchants, son tombeau avec le riche, quoiqu'il n'eût point commis de violence et qu'il n'y eût point de fraude dans sa bouche.

Il a plu à l'Éternel de le briser par la souffrance… Après avoir livré sa vie en sacrifice pour le péché, il verra une postérité et prolongera ses jours; et l'œuvre de l'Éternel prospérera entre ses mains. À cause du travail de son âme, il rassasiera ses regards; par sa connaissance mon serviteur juste justifiera beaucoup d'hommes, et il se chargera de leurs iniquités.

C'est pourquoi je lui donnerai sa part avec les grands; il partagera le butin avec les puissants, parce qu'il s'est livré lui-même à la mort, et qu'il a été mis au nombre des malfaiteurs, parce qu'il a porté les péchés de beaucoup d'hommes, et qu'il a intercédé pour les coupables. (Isaïe 53:1-12)

C’est pourquoi la bénédiction « en forme de croix », qui est la manière de bénir de Iôçeph à Fatima, me paraît aussi définir celle de son peuple. La Première Alliance se trouve ainsi incorporée dans la Nouvelle, en tant que celle-ci en est l’accomplissement: Iéshoua, l’Enfant ainsi que le Rédempteur, bénissant le monde à la manière de son père « Iôçeph, fils de David », fils de Juda, fils de Jacob, fils d’Isaac, et fils d’Abraham.

Sous cet angle, c’est aussi ce que dit, dans une proposition succincte, Lucie de Fatima: « Notre Seigneur paraissait bénir le monde de la même manière que l’avait fait saint Joseph ».

Mais ce n’est pas tout.

La contradiction/persécution inhérente au Peuple de la Première Alliance est apocalyptique, au sens où elle manifeste les souffrances qui lui sont imparties, certes, mais surtout sa bénédiction spécifique parmi les peuples, comme l’entrevoyait déjà de loin Siméon:

Maintenant, Seigneur, tu laisses ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu ton salut, salut que tu as préparé devant tous les peuples, lumière pour éclairer les nations, et gloire d'Israël, ton peuple. (Luc 2:29-32)

La bénédiction de Iôçeph en forme de croix, le 13 octobre 1917, en un jour de Shabat, devient alors non seulement préventive, mais prophétique; par-delà les souffrances de la Shoah, elle annonce la gloire qu’Israël tirera du Salut de Dieu.

Cette bénédiction familiale et dynastique du fils de David, réitérée par le Rédempteur, fils de David et de Iôçeph, préfigurerait la réalisation finale des promesses dont Élohïm a favorisé son peuple.

Or, un seul Esprit opère toutes ces choses (2).

Sois fort, sois fidèle, Israël,
Dieu te mène au désert […]

Il veut, par-delà le désert,
Te conduire au repos;
Sur toi resplendit à ses yeux
Le sang de l’Agneau
Immolé dans la nuit.

Poursuis ton exode, Israël,
Marche encore vers ta joie!
La vie jaillira de la mort,
Dieu passe avec toi
Et t’arrache à la nuit. (3)

Francine Dupras

Composé en l'honneur de la fête liturgique de Joseph, le 20 mars 2017

(1) Extrait de « Lucie raconte Fatima » (traduction intégrale des «Mémoires de soeur Lucie», présentation par Dom Claude Jean-Nesmy, o.s.b., traduction par R.P. Reginald Simonin, o.p., 1976 (2e édition), Fatima-Éditions-Desclée de Brouwer, p.168.

(2) 1 Corinthiens 12:11.

(3) Hymne du Carême : « Sois fort, sois fidèle », La Liturgie des Heures 2, p.3.

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If one considers it providential that the Event of October 13, 1917 in Fatima occurred on a day of Shabat, one must be able to account for the texture of Jewishness that is inscribed within it.

In this sense, it is necessary to accord the blessing "in Iôçeph's manner" an exegetical depth that plunges its roots down into the first biblical narrative of creation (refer to The importance of the day) and pursues its development throughout the history of the People of the Covenant.

One must also assume that this blessing has the following peculiarity:

Saint Joseph and the Child Jesus appeared to bless the world with gestures they made with their hands, in the shape of a cross (1).  

Of this "cross-shaped" blessing, some will say that it is not "Jewish" but "properly" Christian. Yet there is a principle in Christian exegesis that the Old and the New Testaments are inseparable; one sheds light on the other, and vice versa, the two Testaments are complementary.

Based on this principle, I thought that we could hypothesize that this blessing, including the fact that it is cruciform, serves to define a way of blessing, in this case, that of Iôçeph/Joseph and his son Iéshoua/Jesus at Fatima, is "properly" biblical. In effect, since Abraham, a way of blessing has undoubtedly been transmitted, from generation to generation, to Iôçeph and, by Iôçeph, to Iéshoua, which is what the multifaceted vision seems to indicate.

According to Matthew, the genealogy of Iôçeph, son of David, actually begins with Abraham, who is the Patriarch. From the standpoint that we are interested in, it is fitting to discover the context to which the specific paternal blessing of the Hebrew people belongs:

[…] God tested Abraham. He said to him, "Abraham!" And he said, "Here I am." He said, "Take your son, your only son Isaac, whom you love, and go to the land of Moriah, and offer him there as a burnt-offering on one of the mountains that I shall show you." (Genesis 22: 1-2)

The blessing of Abraham and his posterity is consistent with the result of this testing, this gesture of complete faith in God / Elohim, the fruit of Abraham's obedience:

The angel of the Lord called to Abraham a second time from heaven, and said, "By myself I have sworn, says the Lord: Because you have done this, and have not witheld your son, your only son, I will indeed bless you, and I will make your offspring as numerous as the stars of heaven and as the sand that is on the seashore. And your offspring shall possess the gate of their enemies, and by your offsprings shall all the nations of the earth gain blessing for themselves, because you have obeyed my voice." (Genesis 22: 15-18)

What one calls "the sacrifice of Abraham" is the founding act of the history of the People of God. It is as if his son Isaac, being spared, reset it: the son promised to Abraham and Sarah under the oak of Mamre becomes the son that "God saves", which is the significance of the name "Iéshoua", Jesus in Hebrew.

This founding act institutes and manifests the way by which the Redemption itself will take place: the offering of the "Son" by the "Father". One can thus understand this statement of Iéshoua as implicitly referring to the gesture of Abraham:

For God so loved the world that he gave his only Son, so that whoever believes in him should not perish but have eternal life (John 3:16)

The apostle Paul repeats in his words:

He that spared not his own Son, but delivered him up for us all, how shall he not with him also freely give us all things? (Romans 8:32)

Iéshoua did not come to abolish the Old Covenant but to accomplish it by establishing it forever and extending Salvation in a universal way according to the desire of the Father, that is to say, "for everyone", "for us all " who believe in him. We must repeat it, so that this reality penetrates us deeply, letting every word sink in: "God… has so… loved… the world… that he has given his… only… Son. »

In Redemption, there is the total gift of love from the Father.

And there is the total gift of love of the Son.

Isaac, like Iéshoua, did not rebel. He obeyed, stretching himself on the wood of the holocaust as if he had said to his father Abraham: "not what I will, but what you will." In the manner of his father, he submitted, in the full sense of the term, to the will of the Lord. He freely adhered in full confidence to his father's plan, which Iéshoua will do. In this sense, neither Isaac nor Iéshoua are sacrificial "victims" in the proper sense. Iéshoua will say:

For this reason the Father loves me, because I lay down my life in order to take it up again. No one takes it from me, but I lay it down of my own accord. I have power to lay it down, and I have power to take it up again. I have received this command from my Father." (John 10: 17-18)

As from Isaac is transmitted the blessing of Abraham to all his posterity, passing through Jacob/Israel and David to Iôçeph, it is from Iéshoua that the blessing of Salvation will extend to all nations, thus incorporated in the only-begotten Son, Christ-Redeemer "by his cross."

This cross was prophesied to Mariam/Mary and Iôçeph by Simeon, during the presentation of Iéshoua to the Temple:

And the child's father and mother were amazed at what was being said about him. Then Simeon blessed them and said to his mother Mary, "This child is destined for the falling and the rising of many in Israel, and to be a sign that will be opposed so that the inner thoughts of many will be revealed--and a sword will pierce your own soul too." (Luke 2: 33-35)

Again, suffering and blessing are united. This time, it is after blessing that Simeon announces the pains to come. The fact that he only mentions Iéshoua's sufferings (sign of contradiction) and Mariam (sword of pain) makes us forget Iôçeph's sufferings also implied in this announcement.

What is Iôçeph's sacrifice, if not the same as that of Abraham but amplified: the offering of the son but also of the spouse, as well as the implicit offering of his own death, since he is not himself mentioned as being present in these times of "contradiction" for Iéshoua and "piercing" for Mariam. Iôçeph did not react like Simon-Pierre when Iéshoua announced his passion, he did not say, "It will not happen to you!" Until his death, Iôçeph freely carried the sufferings of Simeon's prophecy, fully adhering to the will of God, the only Father.

But to what end, for which blessings? Simeon reveals it: the child named Iéshoua ("God saves") is destined to bring "the rising of many in Israel," this people which is that of Iôçeph, the son of David. And Mariam, through her grief, will cause "the thoughts of many hearts to be revealed," an intention that cannot fail to engage Iôçeph the Just.

Blessings and sufferings … sufferings and blessings … Suffering is not new in Israel. It is already linked to the figure of the Messiah in the prophecy of Isaiah:

Who has believed what we have heard? And to whom has the arm of the Lord been revealed? For he grew up before him like a young plant, and like a root out of the dry ground; he had no form or majesty that we should look at him, nothing in his appearance that we should desire him. He was despised and rejected by others a man of suffering and acquainted with infirmity; and as one from whom others hide their faces he was despised, and we held him of no account. (Isaiah 53: 1-3)

The suffering Servant is the figure to which the posterity of Israel will be configured, it could be said, up to our modern times, from the Biblical Holocaust to the historical Holocaust of the "Shoah".

At Fatima, in the midst of the First World War, the coming sufferings of a Second World War are already foreseen. A war which will especially target the people of Iéshoua, his very body and blood.

Who will bring any charge against God's elect?  It is God who justifies. Who is to condemn? It is Christ Jesus, who died, yes, who was raised, who is at the right hand of God, who indeed intercedes for us. Who will separate us from the love of Christ? Will hardship, or distress, or persecution, or famine, or nakedness, or peril, or sword? As it is written, "For your sake we are being killed all day long; we are accounted as sheep to be slaughtered." (Romans 8: 33-36)

Through the cross of Iéshoua, all is redeemed, saved, reconciled, fulfilling what Isaiah had also said of the mission of the suffering Messiah:

[…] he has borne our infirmities and carried our diseases; yet we accounted him stricken, struck down by God, and afflicted. But he was wounded for our transgressions, crushed for our iniquities; upon him was the punishment that made us whole, and by his bruises we are healed. All we like sheep have gone astray; we have all turned to our own way, and the Lord has laid on him the iniquity of us all. He was oppressed, and he was afflicted, yet he did not open his mouth; like a lamb that is led to the slaughter, and like a sheep that before its shearers is silent, so he did not open his mouth. By a perversion of justice he was taken away. Who could have imagined his future? For he was cut off from the land of the living, stricken for the transgression of my people. They made his grave with the wicked and his tomb with the rich, although he had done no violence, and there was no deceit in his mouth. Yet it was the will of the Lord to crush him with pain. When you make his life an offering for sin, he shall see his offspring, and shall prolong his days; through him the will of the Lord shall prosper. Out of his anguish he shall see light; he shall find satisfaction through his knowledge. The righteous one, my servant, shall make many righteous, and he shall bear their iniquities. Therefore I will allot him a portion with the great, and he shall divide the spoil with the strong; because he poured out himself to death, and was numbered with the transgressors; yet he bore the sin of many, and made intercession for the transgressors. (Isaiah 53: 4-12)

That is why the blessing "in the shape of a cross", which is Iôçeph's way of blessing in Fatima, also seems to me to define that of his people. The First Covenant is thus incorporated in the New, in so far as it is the fulfillment of it: Iéshoua, the Child and the Redeemer, blessing the world in the manner of his father "Iôçeph, son of David", son of Judah, son of Jacob, son of Isaac, and son of Abraham.

From this point of view, it is also what Lucia of Fatima says in a succinct proposition: "Our Lord seemed to bless the world in the same way as Saint Joseph had done."

And that's not all.

The contradiction/persecution inherent in the People of the First Covenant is apocalyptic, in the sense that it manifests the sufferings that are imparted to it, certainly, but also especially its specific blessing among the peoples, as Simeon already foresaw:

Master, now you are dismissing your servant in peace, according to your word; for my eyes have seen your salvation, which you have prepared in the presence of all peoples, a light for revelation to the Gentiles and for glory to your people Israel. (Luke 2: 29-32)

The blessing of Iôçeph in the shape of a cross, on October 13, 1917, on a day of Shabat, then becomes not only preventive but prophetic; beyond the sufferings of the Shoah, it proclaims the glory that Israel will derive from the salvation of God.

This family and dynastic blessing of the son of David, reiterated by the Redeemer, son of David and Iôçeph, would prefigure the final fulfillment of the promises of which Elohim favoured his people.

Now, All of these are activated by one and the same Spirit (2).

Be strong, be faithful, Israel,
God leads you to the desert [...]

He wishes, beyond the desert,
To lead you to rest;
The blood of the Lamb
Immolated in the night
Shines upon you.

Pursue your exodus, Israel,
Walk again to your joy!
Life will spring from death,
God will pass with you
And tear you out of the night. (3)

Francine Dupras

Composed in honour of the liturgical feast of Joseph, March 20, 2017

(1) English translation of an extract of the book "Lucie raconte Fatima"(traduction intégrale des «Mémoires de soeur Lucie», présentation par Dom Claude Jean-Nesmy, o.s.b., traduction par R.P. Reginald Simonin, o.p., 1976 (2e édition), Fatima-Éditions-Desclée de Brouwer, p.168.

(2) 1 Corinthians 12:11.

(3) Hymn of Lent: "Be strong, be faithful", The Liturgy of the Hours 2, p.3.

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Francine Dupras