Jeanne Mance, des choix à faire..Jeanne Mance, choices to be made

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Voici le contexte dans lequel Jeanne Mance se trouvait, au XVIIe siècle, avant son départ vers le Canada:

Imaginez que vous aviez seize ans lorsque votre santé s’est passablement fragilisée et depuis ce temps vous devez faire davantage attention à bien doser vos activités. Vous avez maintenant trente-quatre ans et, malgré votre état de santé, vous avez traversé la guerre de Trente Ans, durant laquelle vous avez appris les soins infirmiers. Votre mère est décédée lorsque vous aviez vingt ans et vous êtes la deuxième d’une famille de douze enfants: vous devez donc vous occuper de vos jeunes frères et sœurs avec l’aînée de la famille.

Voici que vous recevez la visite de votre cousin Nicolas Dolebeau à Langres. Il vous parle de missions au Canada. Soudain cela suscite en vous le désir de partir là-bas et d'y participer, car vous avez le goût depuis l’âge de sept ans de faire quelque chose pour Dieu. Ce projet résonne en vous comme un appel et vous avez la flamme de vous consacrer à ces œuvres canadiennes. Mais vous devez quitter aussi votre famille, votre pays et vous rendre dans un endroit où les Iroquois vous menaceront à tous moments. Par tempérament, vous êtes posée, sans exaltation, sage et pratique, et vous n’êtes pas sans réaliser que vous n’avez probablement pas la santé qu’il faut pour entreprendre un tel projet.

Mais que faire dans un cas où les forces que nous avons ne sont pas tout à fait suffisantes, comme dans le cas de Jeanne Mance?

Comment va-t-elle s’assurer de prendre la bonne décision? «Lors tout étonnée de se voir en cet état, raconte Dollier de Casson, elle voulut réfléchir sur la faiblesse de sa complexion sur ses maladies passées…» «Elle n’avait pas trop de santé, et c’était cela aussi qui lui avait interdit de songer à la vie religieuse.»

Hésitante sur la voie à suivre mais déterminée à suivre la bonne route, Jeanne Mance s’adressa en tout premier lieu au recteur du collège des Jésuites à Langres, le père Jean Bonpain qui était, d’après ce qu’on rapporte, son conseiller. Celui-ci l’encouragea à suivre son inspiration, à se rendre à Paris pour aller voir le père Charles Lalemant, procureur des missions en Nouvelle-France ainsi que le recteur de la maison des Jésuites la plus proche.

Une fois rendue à Paris elle consulta le père Charles Lalement qui l’encouragea lui aussi dans son projet et, comme convenu, elle rencontra le recteur des Jésuites, le père Saint-Jure. Sa rencontre avec ce dernier fut fort différente. Le père Saint-Jure s’occupait du noviciat des Jésuites et était une sommité en matière d’accompagnement spirituel. Son attitude réservée fut un éteignoir pour Jeanne Mance dont la flamme s’était intensifiée au cours des rencontres précédentes. Fortement remuée, elle s’en retourna chez sa cousine à Paris et garda une grande discrétion sur un possible départ. Trois mois s’écoulèrent et à la mi-septembre 1640, elle put rencontrer de nouveau le père Saint-Jure. Celui-ci, après avoir mûrement réfléchi, lui assura que «jamais il n’avait vu autant de marques de la volonté du bon Dieu qu’en sa vocation».

Décidée à répondre avec empressement à ses inspirations premières, et confirmée par les conseils reçus, elle s’engagea résolument dans le projet. Les obstacles s’évanouirent rapidement dès que sa décision fut prise. Cela démontre bien qu’il s’agissait du bon choix à faire: à Paris, on la présenta à des gens fort influents et fortunés qui la reçurent dans leurs salons. C’est alors qu’elle rencontra Mme de Bullion qui cherchait une responsable pour la fondation d’un hôpital au Canada. Jeanne Mance lui sembla la personne la mieux équipée pour ce poste.

En route!

Colombe LeRoy

Article provenant du site Tendances et Enjeu, publié le 16 septembre 2012, et adapté pour la présente publication.

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Here is the context in which find Jeanne Mance before her departure to Canada:

Imagine that you are in the XVIIth century. You were 16 years old when your health declined and became fragilized, and since then you have had to be careful to properly balance your activities. You are now 34 years old, and despite your health condition, you went through the Thirty Years War, during which you learned nursing, your mother died when you were 20 and you are the second oldest in a family of 12 children. So along with the eldest of the family, you must look after your younger brothers and sisters.

And now, your cousin Nicolas Dolebeau comes on a visit to see you in Langres. He talks about the missions in Canada. Suddenly, it stimulates your interest to leave for the missions, for since the age of 7, you have the desire to do something for God. This project echoes like a call within you and you have the flame to devote yourself to the Canadian missions. But you also have to leave your family, your country and go to a place where the Iroquois threaten you at all times. By nature, you are calm, without exaltation, wise and practical, you, therefore, realize that you do not have the physical capabilities to undertake such a project.

But, what should be done in cases where the strengths we have are not quite sufficient, as in the case of Jeanne Mance?

How will she go about ensuring that she makes the right decision? "So completely surprised we she to see herself in such a condition, tells Dollier de Casson, she wanted to reflect on the weakness of her complexion, on her past illnesses…" "She had poor health, and it was precisely that which prevented her to consider religious life."

Hesitant about which path to follow but determined to follow the right path, Jeanne Mance first consulted the rector of the Jesuit College in Langres, Father Jean Bonpain who was, according to what was reported, her counselor. He encouraged her to follow her inspiration, to go to Paris to see Father Charles Lalemant, Mission procurator in New France as well as the Rector of the nearest Jesuit house.

Once in Paris, she consulted Father Charles Lalement who also encouraged her in her project and, as agreed, met the Rector of the Jesuits, Father Saint-Jure. Her meeting with the latter was quite different. Father Saint-Jure was responsible for the Jesuit novitiate and was a leading authority on spiritual counselling. His reserved attitude stifled Jeanne Mance's enthusiasm, whose flame had built up in previous meetings. Deeply destabilized, she returned to her cousin in Paris and remained very discreet about a possible departure. Three months passed and in mid-September 1640, she was able to meet Father Saint-Jure again. The latter, after further consideration, assured her that "he had never seen so many signs of God's will as in her vocation".

Determined to respond eagerly to her early inspirations, and confirmed by the advice received, she resolutely engaged herself in the project. Obstacles vanished quickly once the decision was made. This shows it was the right choice to make: in Paris, we present her to very influential and wealthy people who welcomed her in their parlors. It is then that she met Mrs de Bullion who was looking for a person who could take charge of the foundation of a hospital in Canada. Jeanne Mance seemed to be the best person equipped for this position.

On the way!

Colombe LeRoy

Article from the website Tendances et Enjeu (Trends and Issue), published on September 16, 2012, and adapted for this publication.

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