Mademoiselle Mance à Langres..Mademoiselle Mance in Langres

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En écrivant l’Histoire de Montréal, le sulpicien Dollier de Casson nous livre des informations importantes sur la vie de Jeanne Mance, antérieurement à son appel aux missions de la Nouvelle-France. Sans ce document, peu de choses seraient connues. Il ne faut pas être surpris si plusieurs biographes qualifient les trente-quatre premières années de sa vie comme «années secrètes». Sa mort en 1673 ne fut même pas soulignée et nul ne se préoccupa d’écrire son histoire.

Et pourtant, les faits relevés par ses biographes montrent clairement qu’elle avait ce qu’il fallait pour accomplir la tâche qu’on lui avait confiée. Comment alors le contexte de sa vie à Langres allait-il contribuer à tisser cette étoffe de fondatrice de Montréal?

Née à Langres, en Champagne (France), le 12 novembre 1606, elle est la seconde enfant de Catherine Émonnot et de Charles Mance, procureur au bailliage de Langres. La famille Mance était originaire de Nogent-le-Roi, et la famille Émonnot, de Langres, où les parents de Jeanne Mance allèrent s’installer. Les deux familles appartenaient à la «bourgeoisie de robe». La noblesse de robe rassemblait tous les nobles qui occupaient des fonctions de gouvernement, principalement dans la justice et les finances. Ces personnes devaient avoir fait des études universitaires et donc revêtir la robe ou toge des diplômés de l’Université. Ils furent surnommés «robins» (hommes de robe), et le groupe noble qu’ils formaient: noblesse de robe. Ce qui n’allait certes pas nuire à Jeanne à certains moments, lorsqu’un grand besoin de soutien allait se faire sentir.

L’expression noblesse de robe s’oppose à celle de noblesse d’épée, c’est-à-dire aux nobles occupant les traditionnelles fonctions militaires, groupe auquel appartenait sans doute Paul Chomedey de Maisonneuve.

Donc, seconde d’une famille de six garçons et six filles, Jeanne fut sans doute confiée aux Ursulines, venues s’installer à Langres en 1613. À l’âge de sept ans, elle se sentit fortement attirée vers Dieu et voulut se mettre à son service de façon définitive.

Elle avait vingt ans lorsque sa mère mourut. Sachant s’oublier elle-même, elle devint, aux côtés de sa sœur aînée, le soutien de son père et dut se charger de l’éducation de ses jeunes frères et sœurs. Elle connut les misères de la guerre de Trente Ans. Des hôpitaux ayant été fondés à Langres, c’est probablement dans ce contexte de conflit que Jeanne Mance se dévoua tout d’abord comme infirmière. Elle y apprit sans doute à donner des soins d’urgence aux blessés et aux malades. Cela expliquerait sa grande efficacité auprès des victimes mutilées par les Iroquois, à Ville-Marie.

Pour connaître la suite de l’histoire de Jeanne avant son départ pour la Nouvelle-France, poursuivre avec la lecture de: Mademoiselle Mance à Paris.

Christian Tessier

Article provenant du site Tendances et Enjeu, publié le 2 juin 2012, et adapté pour la présente publication.

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In writing his "Histoire de Montréal", Sulpician priest Dollier de Casson reveals important details on the life of Jeanne Mance, prior to her personal involvement with the missions of New France. Without that document, little would be known about those details of her life. It is not surprising to realize that her biographers refer to the first thirty-four years of her life as the “secret years”. Her death, in 1673, was not heralded and no one bothered to write her story.

Yet the facts attesting to the special character of Jeanne Mance, traits she needed in order to accomplish her endeavours, have been eloquently expressed by her biographers. Many wondered how her life in Langres shaped her personality into that of a founder of Montreal.

Born in Langres on November 12th 1606, in France’s Champagne region, she is the second child of Catherine Émonnot and Charles Mance, prosecutor at the district of Langres. The Mance family came originally from Nogent-le-Roi, and the Émonnot family from Langres, where Jeanne Mance’s parents eventually settled. Both families were well-to-do state officials. The Nobles of the Robe (French: Noblesse de robe) were aristocrats who attained that rank by virtue of holding either a judicial or administrative position. These nobles had to be university scholars, thus wearing the traditional robe or gown of the institution. They were knicknamed “robins” (men with robes), and the group they formed, Nobility of the Robe. This social status would prove to be extremely valuable to Jeanne Mance, especially in times of need.

Nobles of the Robe were the opposite of the Nobles of the Sword, whose nobility was based on their families’ traditional function as the military class. Paul Chomedey de Maisonneuve most likely belonged to that class.

Second of a family of twelve, six boys and six girls, Jeanne was most likely sent to the Ursulines, established in Langres since 1613, at an early age.  By the age of seven, she felt strongly attracted to God and she nurtured a strong desire to irrevocably serve Him.   

She was twenty years old when her mother died. Alongside her older sister, she became her father’s strong support and took charge over the education of her siblings. She came to know the hardships of war through the Thirty Year war that ravaged a good part of Europe between 1618 and 1648. Hospitals had been built in Langres, and Jeanne first practiced as a nurse during that conflict, caring for the sick and the wounded. She then developed skills that would serve her well to look after the mutilated victims of the Iroquois, in Ville-Marie.

If you want to know the rest of Jeanne’s story before embarking for New France, please read the next blog: Mademoiselle Mance in Paris.

Christian Tessier

Article from the website Tendances et Enjeu (Trends and Issue), published on June 2, 2012, and adapted for this publication.

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