Mademoiselle Mance à Paris..Mademoiselle Mance in Paris

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En 1640, cinq ans après le décès de son père, Jeanne apprit, par son cousin Nicolas, chapelain de la Sainte-Chapelle à Paris, que des femmes du monde et des religieuses témoignaient d’un grand élan missionnaire pour la Nouvelle-France. Selon Dollier de Casson, c’est à ce moment que Jeanne ressentit pour la première fois le désir de participer à ces missions. Voilà que le «vrai motif» de Jeanne prend plus profondément racine dans un coeur déjà travaillé au don de soi.

Elle quitte Langres pour Paris, et pendant un long séjour chez sa cousine Antoinette Dolebeau, soeur de Nicolas, elle présente ses projets au père Charles Lalemant, procureur des missions en Nouvelle-France, qui s’y intéresse vivement. Elle fait de nombreuses connaissances et établit des liens qui lui seront fort utiles pour sa future mission. Mentionnons ici quelques noms: Charlotte-Marguerite de Montmorency, princesse de Condé, la chancelière Pierre Séguier, la duchesse d’Aiguillon, la marquise de Liancourt, Louise de Marillac, enfin, la reine elle-même, la pieuse Anne d’Autriche qui manifesta le désir de la rencontrer. On lui présenta également une dame fortunée, protectrice discrète et généreuse envers la plupart des œuvres de charité françaises. Il s’agissait d’Angélique Faure, veuve de Claude de Bullion, surintendant des Finances de France. Elle confie à Jeanne, la fondation d’un hôpital, au sein même de la mission du Canada.

En avril 1641, Jeanne fit ses adieux à ses parents et amis, et se mit en route pour La Rochelle, point d’embarquement des missions du Canada, afin de donner suite à son propre élan pour les missions. Elle y croisa providentiellement Jérôme Le Royer de La Dauversière auquel Dieu avait inspiré le projet de Ville-Marie. «Les Associés de Montréal avaient justement besoin d’une personne comme elle, sage, pieuse, intelligente et résolue, pour devenir l’économe et plus tard l’infirmière de la recrue de Montréal.». (citation tirée du Dictionnaire biographique du Canada).

M. de La Dauversière adressa donc à Jeanne de pressants appels. Il obtint son consentement, et elle devint membre de la Société de Notre-Dame de Montréal.

Soucieuse d’agir en toutes circonstances dans l’esprit de cette nouvelle fondation, elle proposa à M. de La Dauversière de mettre par écrit un aperçu des «vrais motifs» de la fondation de Ville-Marie. Ce document lui servit d’approche pour adresser une invitation à toutes les dames généreuses déjà rencontrées dans les salons parisiens afin de les motiver à devenir membres de la Société de Notre-Dame de Montréal.

De retour à Paris et à la suite de ces rencontres, le nombre des Associés augmenta de 6 à environ 35 membres selon l’historien Jacques Lacoursière. Ces membres provenaient de divers milieux: clercs, nobles, hommes, femmes, célibataires, mariés… Certains étaient riches, d’autres moins fortunés. Le projet de fondation prenait définitivement forme. L’influence de Jeanne Mance pour recruter de nouveaux Associés au tout début de la colonie, est un apport important qui nous la fait considérer maintenant comme une véritable fondatrice, assure Jacques Lacoursière.

Christian Tessier

Article provenant du site Tendances et Enjeu, publié le 9 juin 2012, et adapté pour la présente publication.

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In 1640, five years after the death of her father, Jeanne became aware, through her cousin Nicolas, chaplain of the Holy Chapel in Paris, that nuns as well as society women were drawn to missionary work in New France. According to Dollier de Casson, it is around that time that Jeanne Mance felt drawn to missionary work in New France. The “real motive” of her true calling was growing roots deeper and deeper in a heart readied by a selfless life.

She left Langres for Paris, and during a prolonged stay at her cousin Antoinette Dolebeau, Nicolas’ sister, she presented her project to Father Charles Lalemant, then provider for the missions in New France, who was highly interested. She met numerous influential people, and established links with key resources, that would turn out to be valuable to her mission in time of need. To mention a few: Charlotte-Marguerite de Montmorency, princess of Condé, chanceloress Pierre Séguier, duchess of Aiguillon, marchioness of Liancourt, Louise de Marillac, and finally, the queen herself, Anna of Austria, who wanted to meet her personally. She was also introduced to Angélique Faure, the widow of Claude de Bullion, superintendent of Finance for France, herself a wealthy lady, a low profile, and generous protector of most charitable endeavors in France. She entrusted Jeanne with the foundation of a hospital, in the heart of the mission to Canada.

In April 1641, Jeanne bade farewell to relatives and friends, and went on to Larochelle, the boarding point for most missions to Canada, on her way to fulfilling her own desire to embrace missionary life. She crossed path with Jérôme Le Royer de La Dauversière, to whom God had inspired the foundation of Ville-Marie, in 1635. «The Associates of Montreal needed a person of precisely her type, wise, devout, intelligent, and resolute, as bursar and later as nurse for the Montreal contingent.» (cited from Dictionary of Canadian Biography Online).

M. de La Dauversière made urgent appeals to Jeanne.  When he obtained her consent, she also became a member of the Society of Notre-Dame of Montréal.

Mindful of doing everything in accordance to the original purpose of the new foundation, she proposed that M. de La Dauversière should set down in writing an outline of the “true motives” of the foundation of Ville-Marie. She would then address “invitations to membership in the Société de Montréal” to the distinguished and generous ladies and to the devout women with whom she had associated in Paris, and would attach to each invitation a copy of M. de La Dauversière’s letter.

Upon her return to Paris, and subsequent to these visits, the number of Associates went up from 6 to 35 members, according to historian Jacques Lacoursière. These members came from all walks of life: clerics, nobles, men and women alike, celibate or married…. Some were wealthy, others of modest means. The foundation of Ville-Marie was shaping up, and Jeanne Mance’s influential impact on the recruiting process at the very start of the settlement contributes significantly towards considering her a true foundress, adds historian Jacques Lacoursière.

Christian Tessier

Article from the website Tendances et Enjeu (Trends and Issue), published on June 9, 2012, and adapted for this publication

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