L'Ebola occidental..Western Ebola

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Alors que le Canada vient d'ouvrir toute grande la porte à la légalisation de l'euthanasie, plusieurs états américains, ainsi que la France et d'autres pays, débattent en vue de légiférer de la même façon. C'est notre Ébola occidental, maladie de la pensée certainement mortelle, et pour laquelle aucune compagnie pharmaceutique n'a encore trouvé de vaccin.

Le bon sens s'en est allé, en 20 petites années…

Hier encore, en 1993, la Cour suprême du Canada avait, dans l'affaire Rodriguez, clairement maintenu l'article du Code criminel 241 b) interdisant l'euthanasie, plaidant «qu'il n’existait «pas de demi‑mesure qui permettrait de garantir, avec toutes les assurances voulues» la protection des personnes vulnérables (1)». Il semble qu'aujourd'hui les temps ont changé et ce, bien que les assurances voulues ne soient pas davantage établies…

Les derniers sondages pancanadiens montrent toujours que la population est divisée et inquiète sur ce sujet. Pour sa part, la juge en chef de la Cour suprême du Canada a, depuis 1993, changé d'avis et plaide maintenant en faveur de la légalisation de l'euthanasie... il y a donc un nouveau consensus entre les 9 juges de la Cour suprême, mais il est certainement abusif de parler de consensus social. 

Par ailleurs, autre revirement incroyable: la Cour souligne que les juges n'ont pas trouvé de différence entre les soins octroyés présentement en fin de vie et la nouvelle offre d'une «aide médicale à mourir». 

Et pourtant...actuellement, il est permis de donner des médicaments dans le but de soulager des souffrances physiques aiguës chez des personnes en fin de vie.

Avec la nouvelle loi, «une personne adulte capable qui consent clairement à mettre fin à sa vie; et qui est affectée de problèmes de santé graves et irrémédiables (y compris une affection, une maladie ou un handicap) lui causant des souffrances persistantes qui lui sont intolérables au regard de sa condition (2)» peut demander de recevoir des médicaments à dose létale, dans le but avoué de mourir. 

La différence est évidente: avant, l'objectif était de soulager, et maintenant, l'objectif est de provoquer la mort.

Étonnement, le jugement trouve le moyen de conclure qu' «il n'y a aucune distinction sur le plan éthique entre l'aide médicale à mourir et les autres pratiques utilisées en fin de vie dont l'issue est selon toute vraisemblance la mort». (3)

Selon toute vraisemblance… nos sociétés occidentales n'ont pas réussi à apprivoiser la souffrance, et encore moins à la rendre riche de sens… elles ont aussi échoué à maintenir la logique déductive de nos textes de lois. 

Et à vrai dire, cette insidieuse torsion de la pensée est une épidémie redoutable. 

Valérie Dionne

(1) Carter c. Canada (Procureur général), 2015 CSC 5, art. 5.
(2) Carter c. Canada (Procureur général), 2015 CSC 5, art 4.
(3) Carter c. Canada (Procureur général), 2015 CSC 5, art 23.

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Now that Canada has opened wide the doors to the legalisation of euthanasia, several American states, as well as France and other countries, are currently debating in view of legalizing the same. This is our western Ebola, illness of the mind which is definitely deadly, and for which no pharmaceutical company has yet to find the vaccine.

Common sense has left us, in 20 short years…

In 1993, the Supreme court of Canada had, in the Rodriguez case, clearly upheld the criminal code article 241 b) prohibiting assisted euthanasia, pleading that «there was “no halfway measure that could be relied upon with assurance” to protect the vulnerable» (1). It seems that today the times have changed even though the desired assurances have not yet been established.

The last Canada-wide surveys indicated that the population is divided and worried regarding this topic. For her part, The Chief Judge of the Supreme Court of Canada has, since 1993, changed her mind and now pleads in favour of the legalization of euthanasia…there is therefore a new consensus amongst the 9 judges of the Supreme Court, however, it would be erroneous and abusive to declare that there is a social consensus.

Moreover there is another incredible turn around: the Court indicated that the judges did not find any difference between the treatments currently provided to those in end of life and the new form of medical assistance to die (euthanasia).

And yet…it is currently permitted to give medication with the goal of alleviating acute physical pain for the people in end of life.  

With the new law, «a competent adult of such assistance where the person affected clearly consents to the termination of life and the person has a grievous and irremediable medical condition (including an illness, disease or disability) that causes enduring suffering that is intolerable to the individual in the circumstances of his or her condition (2)» can request to receive a lethal dose medication with the express goal of dying.

The difference is obvious: before, the objective was to alleviate pain, with appropriate doses, and now, the objective is to trigger death.

Surprisingly, the judgement notes that «there is no distinction from an ethical point of view between medical assistance to die and other methods used in end of life for which the end result is with all evidence, death» (3).

With all evidence… our western societies have not been able to come to grips with suffering and even less been able to give it a profound meaning… they failed also to maintain logic implied in our texts of law.

This insidious way of twisting our thought process is a redoubtable epidemic.

Valérie Dionne

(1) Carter c. Canada (Procureur général), 2015 CSC, art. 5
(2) Carter c. Canada (Procureur général), 2015 CSC, art. 4
(3) Carter c. Canada (Procureur général), 2015 CSC, art. 23

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Les neufs juges de la Cour suprême du Canada ont, le 6 février dernier, libéré nos consciences: nous pourrons mourir en paix! La mort est maintenant au menu de nos soins de santé publics.
Le jugement est rendu après trois petits mois de réflexion, et stipule que notre gouvernement fédéral a un an pour changer le code criminel ou renvoyer le jugement en appel. Un sujet pour le moins délicat pour la campagne électorale de 2015…
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Last February 6th, the nine judges of the Supreme Court of Canada have freed our consciences: we can now die in peace! Death is now available as a treatment offered by our public health system.
The judgement was rendered after three short months of reflection, and it stipulates that our Federal government has one year to change the criminal code or send the judgement in appeal. A subject that is not in the least delicate for the 2015 electoral campaign.
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Valérie Dionne