Tout-puissant ou tout-amour?..All-mighty or all-love?

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J'ai remarqué que plusieurs prêtres se plaisaient à remplacer le qualificatif «tout-puissant» – qui revient souvent dans le texte de la messe pour parler de  Dieu –  par «tout-amour». On ressent chez eux un malaise – et parfois ils le verbalisent – vis-à-vis du premier : tout-puissant ferait trop dominateur, sévère, distant ou contraignant; tandis que tout-amour fait plus enveloppant, libéral, affectueux ou réconfortant. Bien sûr les deux épithètes collent bien à Dieu, mais elles portent une charge sémantique différente.

«L'amour et la toute-puissance de Dieu apparaissent liés comme les deux faces d'une même médaille.»

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I noticed that several priests like to substitute the word "almighty" - which often appears in the text of the Mass as a reference to God - with "all-love." Their uneasiness is palpable - and they sometimes verbalize it - with respect to the first: "almighty" would be too domineering, stern, distant or constraining; while "all-love" is more encompassing, liberal, affectionate or comforting. Of course, the two epithets fit well with God, yet they carry a different semantic load.

"GOD'S LOVE AND OMNIPOTENCE ARE ATTACHED TOGETHER AS THE TWO SIDES OF A SAME COIN."

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....L'aigle est un symbole céleste. Plusieurs évocations de cet oiseau apparaissent ainsi dans la Bible. Dans le Deutéronome, par exemple, c'est Yahveh qui est comparé à un aigle. Quant aux anges, tels que les décrits Ezéchiel, ils sont imaginés avec une face d'aigle. Plus tard l'évangéliste Jean sera lui aussi associé à l'aigle, et ce sera parfois même le cas de Jésus au Moyen-Âge. .. The eagle is a celestial symbol. Several evocations of this bird appear in the Bible. In Deuteronomy, for example, Yahweh is compared to an eagle. As for the angels, such as described by Ezekiel, they are depicted with the face of an eagle. Later John the evangelist will also be associated to an eagle, and, on occasions, it will also be the case for Jesus through the Middle Ages. ....

....L'aigle est un symbole céleste. Plusieurs évocations de cet oiseau apparaissent ainsi dans la Bible. Dans le Deutéronome, par exemple, c'est Yahveh qui est comparé à un aigle. Quant aux anges, tels que les décrits Ezéchiel, ils sont imaginés avec une face d'aigle. Plus tard l'évangéliste Jean sera lui aussi associé à l'aigle, et ce sera parfois même le cas de Jésus au Moyen-Âge. ..The eagle is a celestial symbol. Several evocations of this bird appear in the Bible. In Deuteronomy, for example, Yahweh is compared to an eagle. As for the angels, such as described by Ezekiel, they are depicted with the face of an eagle. Later John the evangelist will also be associated to an eagle, and, on occasions, it will also be the case for Jesus through the Middle Ages. ....

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Il est vrai qu'à une époque pas très lointaine, une certaine vision de Dieu dans l'Église faisait de Lui presque un dictateur. Je suis trop jeune pour avoir connu cela, mais j'ai quelques fois eu l'occasion de constater des traces de ce passé chez des gens qui en avaient beaucoup souffert. Ils se rappelaient du «Dieu vengeur», de la «colère de Dieu»  ou du péché vu partout; une intransigeance qui s'accompagnait d'un cléricalisme assez fort. Pour des mémoires encore plus ou moins marquées par l'impression d'un Dieu sévère, l'appellation «tout-puissant» peut déplaire.

Pas surprenant qu'une tendance opposée ait cherché à faire équilibre en essayant de mettre en lumière le vrai visage de Dieu. Un visage rayonnant de bonté, de miséricorde et d'amour. Une nouvelle vision de Dieu libératrice, qui tend à décharger la personne d'une culpabilité destructrice. L'enfant de Dieu maintenant guidé plutôt que surveillé sur le chemin du ciel. Cette perception de Dieu est certainement plus proche du vrai message de l'Évangile.

Menés peut-être par l'enthousiasme que pouvait apporter un tel changement, certains ont, je pense, poussé trop loin leur interprétation, jusqu'à évacuer la notion même de péché et faire passer Dieu de bon à bonasse. La conjonction de cette interprétation doucereuse avec le relativisme ambiant de notre monde ne donne-t-elle pas prise, par réaction, à la résurgence d'une certaine intransigeance dans l'Église?

Comment trouver un équilibre? Comment concilier la toute-puissance de Dieu – pourtant bien réelle – et le fait – tout aussi réel – qu'il soit tout-amour?

Le malaise que provoque chez certains le mot tout-puissant est révélateur : il est besoin d'un ajustement de perception. Dieu ne déploie-t-il pas justement sa puissance infinie pour notre plus grand bonheur? Sa toute-puissance ne carbure-t-elle pas à son amour infini? «Jésus appela ses disciples et leur dit : "Vous le savez : ceux que l'on regarde comme chefs des nations païennes commandent en maîtres; les grands font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi […] le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude"» (Mc 10, 42-45). Jésus ne paraît pas jouir de son pouvoir…

J'aime à penser que parce ce que mon Dieu est tout-puissant, je n'ai absolument rien à craindre de quoi que ce soit, à commencer par la mort. Sa toute-puissance ne veut pas écraser, mais relever; elle ne veut pas punir, mais pardonner; elle ne veut pas brimer, mais émanciper; elle n'est pas indifférente, mais prompte à porter secours. Et en tout cela notre Dieu transpire l'amour! L'amour et la toute-puissance de Dieu apparaissent liés comme les deux faces d'une même médaille.

Son amour va même jusqu'à mettre sa toute-puissance au service de notre prière : «[…] si quelqu'un dit à cette montagne : ''ôte-toi de là et jette-toi dans la mer'', et s'il ne doute pas en son cœur mais croit que ce qu'il dit arrivera, cela lui sera accordé» (Mc 11, 23).

Vierge Marie, augmente en moi la foi. Vierge Marie, augmente en tous les baptisés la foi.

En cette fête du Christ, Roi de l'univers, que l'amour tout-puissant et la toute-puissance aimante de Jésus-Christ montrent le vrai visage de Dieu à l'humanité, aujourd'hui.

Marc Paré

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It is true that not so long ago, a certain perception of God within the Church almost made Him look like a dictator. I'm too young to have experienced this myself, but I have occasionally seen traces of this past influence on people who have much suffered from it. They recall the "vengeful God," the "wrath of God" or sin seen everywhere; an intransigence accompanied by fairly strong clericalism. For those whose memories are still somewhat marked by the impression of a stern God, the epithet "all-mighty" may displease.

No wonder an opposite trend has sought to balance the perception by attempting to reveal the true face of God. A God personifying goodness, mercy and love. A new and liberating vision of God, capable of defusing anyone's destructive guilt. The child of God now guided, rather than controlled, on his/her way to heaven. The latter perception of God is certainly closer to the true message of the Gospel.

Influenced perhaps by the enthusiasm such a change could operate, certain individuals, I believe, have gone too far in their interpretation to the extent of evacuating the very notion of sin, and of turning God's goodness into meekness. Doesn't the conjunction of such a soft interpretation, with the prevailing relativism of today's world, give way, as a reaction, to the resurgence of a certain intransigence in the Church?

How do we strike a good balance? How does one reconcile the very real omnipotence of God - with the equally real fact that He is "all-love"?

The discomfort the word "almighty" provokes within certain people reveals perhaps the need to readjust certain perceptions. Doesn't God deploy His infinite power for our greater happiness? Isn't His omnipotence fueled by his infinite love? Jesus summoned them and said to them: “You know that among the Gentiles those whom they recognize as rulers lord it over them, and their great ones are tyrants over them.  But it is not so among you. […] the Son of Man came not to be served but to serve and to give his life as a ransom for many.” (Mark 10, 42-45). Jesus does not appear to delight in his power…

I like to think that because my God is almighty, I have absolutely nothing to fear from anything, starting with death. His omnipotence is not meant to crush, but to raise; it does not seek to punish, but to forgive; it will not oppress, but emancipate; it is not indifferent, but quick to bring relief. And in all of this, our God exudes love! "God's love and omnipotence are attached together as the two sides of the same coin"

Out of love for us, his omnipotence will answer our prayers: "[…] if you say to this mountain, ‘Be taken up and thrown into the sea,’ and if you do not doubt in your heart, but believe that what you say will come to pass, it will be done for you." (Mk 11, 23).

Virgin Mary, uplift my faith. Virgin Mary, increase the faith of all those who are baptized.

On this feast of Christ, King of the universe, may Jesus Christ's almighty love and loving omnipotence reveal God's true image to humankind, today.

Marc Paré

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Marc Paré