....30 juin: L'«Ô Canada», notre hymne national? .. June 30: The "O Canada", our national anthem?....

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L' «Ô Canada», hymne national du Canada, parle haut et fort de la foi de nos ancêtres fondateurs.  Pourrait-il nous aider à reconnecter avec «le véritable sens» de la fête du 1er juillet? Après tout, l' «Ô Canada» est à l'origine un hymne patriotique, commandé par la Société Saint-Jean-Baptiste, comme symbole rassembleur des Canadiens français. Il a été produit en public officiellement la première fois le 24 juin 1880, lors de la grand-messe de la Saint-Jean-Baptiste. Au fil des ans, ce chant fut très largement diffusé et devint caractéristique du Québec francophone. 

Après de nombreux débats en chambre, le Canada anglais en vient finalement à le reconnaître comme hymne national, en 1980. Cependant, au même moment, le Québec post-Révolution tranquille s'en désintéresse, au point qu'à la veille du référendum québécois de 1980 sur la question nationale, Réné Lévesque aurait suggéré le chant «Gens du Pays», de Gilles Vigneault, comme hymne national du futur pays. Un retournement quelque peu ironique.

S'il y a malaise aujourd'hui, ne sera-t-il pas encore plus important en 2017, lors des fêtes du 150e de la Constitution canadienne? La situation semble à ce point problématique que les fonctionnaires fédéraux chargés des festivités «[…] se cassent la tête depuis quelques années afin de donner un sens à la fête au plus grand nombre de Canadiens, et particulièrement aux Québécois» (voir article d'Annie Mathieu, paru dans Le Soleil du 28 décembre 2012).  «Comment peut-on identifier un espace commun pour tous les Canadiens?», se demandent les fonctionnaires.

La deuxième question sur la liste porte sur la non-ratification par le Québec de la Constitution, lors de son rapatriement en 1982: «Comment peut-on engager le Québec en termes d'histoire commune avec le reste du Canada pour 2017?» (Idem). Ira-t-on jusqu'à ouvrir le dossier de la Constitution et espérer une signature par le Québec?

La volte-face québécoise devant le rapatriement de la Constitution canadienne en 1982 manifestait une opposition au manque de reconnaissance de son identité distincte. Par ailleurs, ne pourrait-il pas aussi s'agir d'un désir inavoué de favoriser l'avancée de la laïcisation, en cours depuis la Révolution tranquille au Québec? Ne serait-ce pas un refus d'une Constitution qui, dans son préambule, proclame la suprématie de Dieu?

Christian Leboeuf

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The "O Canada", the national anthem of Canada, speaks loud and clear about the faith of its founding fathers.  Could it help us reconnect with "the true meaning" of Canada Day on July 1st? After all, the "O Canada" was, right from the beginning, a patriotic anthem, commissioned by the Société Saint-Jean-Baptiste, as a unifying symbol for French Canadians. It received its first official public performance on June 24th, 1880, at the High Mass on St. John the Baptist Day. Over the years, this song was widely distributed and became characteristic of Francophone Quebec. 

After much debate at the national assembly, English Canada finally came to recognize it as the national anthem in 1980. However, at the same time, post-Quiet Revolution Quebec loses interest, to the point that on the eve of Quebec's referendum on independence in 1980, Réné Lévesque would have suggested the song "Gens du Pays", from Gilles Vigneault, as the national anthem for the future country. A somewhat ironic reversal.

If there is discomfort today, will it not be even worse in 2017, during the celebrations of the 150th anniversary of the Canadian Constitution? The situation seems so problematic that federal officials in charge of festivities "[…] have been racking their brains for some years in order to give meaning to rejoice to the greatest number of Canadians, particularly Quebecers" (see article by Annie Mathieu, published in Le Soleil, December 28, 2012).  "How can we identify a common theme for all Canadians?", ask the officials.

The second question of importance bears on the non-ratification of the constitution during its repatriation in 1982: "How can we engage Quebec in terms of shared history with the rest of Canada in 2017?" Idem. Are we going to witness the reopening of the Constitution in hope of enticing Quebec in officially signing the document?

Quebec's about-face to the repatriation of Canada's constitution in 1982 was clearly a manifestation of the province's opposition in reaction to a lack of recognition of its distinct identity. Furthermore, could it not be the expression of an unconfessed desire to foster secularization, an on-going process in Quebec since the Quiet Revolution? Is it not a clear refusal of a constitution which, in its preamble, proclaims the supremacy of God?

Christian Leboeuf

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Valérie Dionne